vendredi 30 mars 2012, par Jean-Paul Desimpelaere
Danba, située à 350 km à l’ouest de Chengdu, la capitale du Sichuan, où quatre petites rivières confluent pour former la rivière Dadu. Danba fut jadis le centre d’une société matriarcale, la Dongnuguo, l’État des Femmes de l’est. L’actuel population Rongba descend de cette société. Ils furent annexés au Grand Tibet par le roi Tubo au 7ème siècle après J-C. Aujourd’hui, on voit bien que c’est un peuple ‘mélange’, Chinois et Tibétain.

Leur dialecte, le Gyarong, est un mélange également des deux langues. « Gya » est en fait un terme signifiant « les Chinois Hans » en Tibétain. « Jong » ou « Rong » signifie « vallées où l’agriculture est possible ». Les Rongba sont les personnes qui cultivent la terre dans ces vallées. Celles-ci sont caractérisées par des différences d’altitude spectaculaires sur de très courtes distances, des glaciers aux prairies des villages en passant par les pentes boisées. Une particularité de la région est ses tours d’observation, presque uniques en Chine. De loin, on voit des villages avec des dizaines de hautes tours, comme des fours à chicorée, mais en plus fins. De plus, elles ne sont pas rondes mais carrées et ont parfois jusqu’à 13 cotés. Ces tours servaient de poste de surveillance, d’entrepôt, ainsi que de refuge. Elles seraient un patrimoine du vieux peuple Qiang de Chine, l’un des ancêtres des Chinois et des Tibétains. En des temps reculés, l’entonnoir de la rivière Dadu représentait une route migratoire nord-sud pour un bon nombre de peuplades. Les habitants sédentaires locaux construisirent de hautes tours afin de surveiller des migrants de passage et se protéger quand ils devinrent agressifs. La récolte de grain y était en sécurité. La tradition de construire de pareilles tours est restée intacte jusqu’au siècle passé. Il en reste aujourd’hui environ 300.

Les maisons à Danba ont des tours blanches à angle droit aux quatre coins du toit en l’honneur des monts enneigés.
