Les Gardes Rouges au Tibet étaient divisés en deux camps : les ‘rebelles’ et ’ l’alliance’. Les deux tendances voulaient s’emparer du pouvoir. Tandis que l’un occupait la rédaction du journal à Lhasa, l’autre prenait d’assaut la station radio, et ainsi de suite. Les confrontations devenaient violentes et il y eut des morts. L’armée a mis fin aux excès en septembre 1969. La liberté individuelle de religion fut rétablie en 1971, mais il a fallu attendre 1980 pour voir se rouvrir les temples et les monastères. La Révolution Culturelle n’était pas un conflit ethnique opposant les Han et les Tibétains. En effet, les Gardes Rouges étaient aussi bien Han que Tibetains. Mais une série de coutumes tibétaines était visée : fini les cheveux longs, les habits traditionnels, les autels domestiques, la robe des moines et les rituels. La langue tibétaine écrite disparaissait de l’avant plan, considérée comme ‘héritage de la noblesse cléricale’. La proportion de temples au Tibet et dans les régions avoisinantes par rapport au reste de la Chine étant plus élevée, un plus grand nombre a été ravagé. Trouver actuellement un temple ou un monastère au Tibet où il n’y a pas eu de dégâts pendant la Révolution Culturelle relève de l’exceptionnel.
La Révolution Culturelle a duré officiellement dix ans, de 1966 jusqu’en 1976. Elle s’est terminée avec la condamnation de ‘la Bande des Quatre’. Au Tibet, les destructions dans les temples se situent dans la période 1966-1969 et concernaient surtout ceux proches des villes. Généralement, il ne s’agissait pas de ‘raids’ sauvages. Il y avait un consensus politique sur le fait que ‘les temples étaient les premiers représentants de l’idéologie féodale’. Leur destruction était plus ou moins ‘organisée’. Il existait même ‘des comités d’inspection’, qui allaient préalablement définir quels objets précieux devaient être ‘sauvés’ et ‘mis à la cave’ et qu’est-ce qui pouvait être détruit. Les sutras étaient considérés comme instruments de propagande par excellence de l’déologie féodale et furent massivement brûlés, mis à part une série de très anciennes copies. La plupart des monastères ne fut pas complètement rasé, comme on le présente en Occident. Un monastère est un village. Il compte un grand nombre de bâtiments, y compris des maisons d’habitation. Un certain nombre de moines a gardé ses maisons, mais ils se sont vus enrôlés de force dans les brigades agricoles des environs. C’était surtout l’intérieur des temples qui était complètement dévasté. Certains d’entre eux étaient transformés en grange ou école, d’autres étaient démantelés pour réutiliser les matériaux de construction. Actuellement on en compte de nouveau 2500 en activité (dont 1700 au Tibet même). C’est encore trois fois plus que l’ensemble des églises en Flandre qui compte à peu près le même nombre d’habitants que l’ensemble des Tibétains. En 1959 il y avait 110.000 moines au Tibet même, ce qui représentait environ 20% de la population masculine. Aujourd’hui, il y en a 46.000. Une importante raison de cette diminution est la réforme agraire de 1959 et l’abolition de l’obligation qu’avait chaque famille de fournir un moine à la communauté du Bouddhisme tibétain. Les familles ne ‘dépendaient’ plus d’un monastère ou d’un seigneur et pouvaient désormais se livrer librement à leur activité agricole. Pendant la Révolution Culturelle (66-76), tous les moines furent envoyés aux champs. Quelques-uns, après cela, retournèrent dans les monastères et de nouveaux jeunes commençaient à y arriver au début des années 80. Actuellement les moines représentent 4% de la population masculine. « Un nombre plus raisonnable » disent les autorités, « bien assez pour procurer une activité religieuse à tout le monde ». Les milieux dalaïstes produisent des chiffres invraisemblables : “La culture tibétaine et sa religion ont été détruites à partir de 1955, pas seulement pendant la Révolution Culturelle. Des 6.259 monastères il n’en restait que 6 en 1976. Des 592.538 moines et nonnes, 110.000 ont été torturés à mort.” « 592.538 religieux » voudrait dire que la moitié de la population masculine portait la robe de moine, vu que le nombre de nonnes était minime à cette époque. Tous les Occidentaux qui ont visité le Tibet avant 1959 contredisent cette affirmation et estiment le nombre de religieux à 25% de la population masculine maximum. Qui plus est : il n’y eut jamais de recensement des moines, ni du nombre de monastères, très éparpillés et parfois très petits. Ces “6259” monastères viennent justifier le nombre exagéré des moines. Ces chiffres ont été repris en Occident sans le moindre esprit critique, pire, le dossier ‘Tibet’ du Sénat Français mentionne les “6259” monastères détruits.
L’improtant monastère de Ganden fut totalement détruit. Pas pendant la Révolution Culturelle, mais en 59, lorsque 63 des 80 grands lamas et environ ¾ des 4000 moines de ce monastère se rallièrent à la résistance armée et organisèrent une attaque contre la maison communale et la caserne de l’armée de Shannan. Derge se situe à 3000 m d’altitude, sur la frontière entre le Sichuan et le Tibet, le long du rivage du cours supérieur du Yangze. Les chercheurs d’or tibétains filtrent l’eau boueuse sur les deux rives. Mais la ville est surtout réputée pour son imprimerie. Pas de pages publicitaires mais des sutras bouddhistes, multipliés artisanalement. L’imprimerie date de la période Qing (1729) et approvisionne tous les grands points de vente du Tibet et même quelques-uns à l’étranger. Les expatriés tibétains racontent facilement que les Chinois ont tout détruit pendant la Révolution Culturelle. Pour Derge, les Gardes Rouges ont dû faire un détour car le monastère comptait encore plus ou moins 100.000 anciennes copies des classiques tibétains et des sutras bouddhistes, des exemplaires uniques, pour certaines. En 1989, l’Etat a octroyé un budget spécial pour rénover et agrandir l’imprimerie. Les Traités de médecine traditionnelle tibétaine et les « Quatre Tantras médicaux » se trouvent aussi dans le monastère de Derge. Derrière le monastère, dans une petite maison tibétaine, on peut aller rendre visite à un vieux médecin traditionnel, Lhore Phuntsog. Sur une table de travail, un petit bol de tsampa mélangé à un peu d’eau, est posé à côté d’un ordinateur portable, cela témoigne de l’alliance entre le nouveau et l’ancien. Un questionnaire, des urines, la prise du pouls, l’observation de la langue, guident le diagnostic. Ces deux dernières méthodes sont le mêmes qu’en médecine chinoise. Celle-ci fit son entrée au Tibet grâce à une princesse du 7ème s. Lore Phuntsog n’est pas un moine, mais à cause de ses connaissances, il a pourtant été choisi comme directeur administratif du monastère de Dzongsar et comme président de l’université bouddhique locale. Au monastère, il a sa propre petite entreprise de plantes. La région au sud de Derge, le long du Jinshajiang (cours supérieur du Yangze), est réputée pour son abondance et sa diversité en plantes médicinales.
Le « Tripitaka de la religion Bon » fut « découvert » en 1981, dans un petit monastère de Xining. Il s’agit d’un ensemble de livres de grande valeur : 185 volumes avec une description détaillée de l’ancienne religion Bon, l’unique encyclopédie du genre.
Le monastère Sakya, centre de l’école Sakya, dans l’ouest du Tibet, semble avoir été épargné par la Révolution Culturelle. Le complexe du temple fut rénové en 1945 et est resté inchangé. Fresques, mandalas, statues et stupas sont encore à l’état originel, ainsi qu’une collection de livres, 50.000 livres en tibétain, traitant de politique, vie sociale, histoire, droit, religion, astrologie et médecine.
Le monastère Samye, le premier grand au Tibet (vieux de 1200 ans), fut en grande partie saccagé par les Gardes Rouges. Le grand temple central fut laissé intact.
Vers la fin de la période Manchu (période Qing), au début du 20ème s, la plupart des monastères les plus importants furent anéantis dans le Sichuan et l’Ouest. Les milieux dalaïstes sont généralement assez gentils avec la dynastie Qing, car pour eux, ce n’étaient pas des Chinois, mais des Manchus, ‘favorables au lamaïsme tibétain’. Ils font cela dans l’objectif de renforcer l’impression que le Tibet ne fut annexé à la Chine qu’en 1951, par les communistes. Ce sont pourtant les Manchus qui ont réduit la puissance politique des moines, l’haleine fraîche des idées républicaines affluant vers eux. Dans une tentative pour moderniser la Chine entière, ils rentrèrent aussi en opposition avec les maîtres féodaux tibétains, surtout avec l’élite des monastères. Le général Zhao Erfang n’y alla pas de main morte dans le Sichuan. Il obligea les monastères à laisser partir une partie de leurs moines, abaissa le quota maximum, freina la venue des novices, abolit les taxes que les paysans devaient payer aux monastères et les remplaça par une petite dotation. Les monastères qui résistaient - il y en avait évidemment- furent pris par les armes et détruits totalement. Il en alla ainsi des grands monastères dans les villes de Batang, Chamdo, Litang, Dechen et Drayab de 1905 à 1912. Les décennies suivantes ne furent pas une période florissante, la région resta tétanisée par la rivalité des seigneurs guerriers. Il ne fut pas reconstruit grand chose. Prétendre que ces monastères furent anéantis pendant la Révolution Culturelle, c’est compter les victimes de la première guerre mondiale avec celles de la deuxième.
Le monastère de Orgyen Mindroling est le plus grand monastère Nyingmapa existant encore (la plus ancienne école bouddhique du Tibet). Il se situe 100 km à l’Est de Lhassa, dans la vallée du Yarlung Tsangpo. Ce monastère fut complètement anéanti pendant l’invasion des Dzoungares (d’Asie Centrale) au 18ème s. Ce qui avait été ressuscité fut à nouveau détruit pendant la Révolution Culturelle. Pourtant, il y a beaucoup de statues antiques, de stupas, d’écritures et d’écrins qui restèrent debout. On peut à nouveau les voir dans la partie restaurée du monastère. Depuis sa fondation, en 1670, jusqu’au 20ème s., Mindroling était la propriété de deux clans familiaux. Les supérieurs étaient les fils ou les neveux des prédécesseurs. L’actuel 12ème Minling Trichen, né en 1931, qui succéda à son père, abbé, se réfugia en Inde dans les années 50. En dehors du fait que Mindroling est le siège central des Nyingpama, il est aussi un centre réputé pour la production d’encens livré exclusivement pour la cour du Potala. L’encens tibétain est composé d’une sorte d’ « herbe camphrée », de diverses plantes des hauts plateaux, de l’écorce d’orme, de cyprès et du bois de santal qui fut importé de l’Inde. Une légende raconte que Tsongkapa, le fondateur du bouddhisme tibétain, répandit ses cheveux dans le monastère de Ganden à Lhassa, et qu’ils firent pousser une herbe avec une odeur spéciale : l’herbe camphrée..
« Moins de 10 temples ou monastères restèrent debout » après la Révolution Culturelle, disent aujourd’hui les activistes pour l’indépendance. Mais il s’agit d’une exagération très trompeuse. Non loin de Dengqen, au Nord Est du Tibet, nous nous arrêtons dans un village. L’ancien petit temple s’y trouve toujours et n’a pas été détruit par la Révolution Culturelle. Il y a une exagération trompeuse que Le temple appartient à l’école Nyingma, pour laquelle le célibat n’était pas de mise. Le moine qui nous reçut était marié, et agriculteur, comme les autres du village. Dans le temple se trouve une ancienne bibliothèque bien fournie et une rangée de statues représentant des dieux accouplés chacun à une déesse.
Le système des communes dans l’agriculture reposait sur 3 niveaux : la « commune » d’à peu près la superficie d’un canton, l’ « équipe » qui rassemblait quelques villages et la « brigade » qui finalement correspondait à un village existant. Les gens travaillaient en commun sur leurs champs par « brigades » et recevaient pour cela un salaire qui correspondait à environ 5 euros/mois. (Comptant en moyenne trois personnes par famille qui travaillaient, cela faisait 15 euros par mois. A titre de comparaison : une famille paysanne à l’heure actuelle gagne 150 euros par mois, au-delà de la nourriture produite pour eux-mêmes). Bien que ce dédommagement soit plus élevé que ce qu’ils percevaient sous l’ancien régime avant 1959, cela restait à peine suffisant pour boucler les besoins de base. Lorsqu’en 1982, des initiatives privées furent à nouveau permises, ce ne fut pourtant pas accueilli avec enthousiasme. Un secrétaire du parti d’une commune dissoute commença une petite exploitation de transport privée grâce à un microcrédit alloué par l’Etat. Le comité de la commune le licencia, avec pour argument que, en tant que secrétaire du parti, ’il devait penser d’abord à la communauté et non à lui-même. L’homme persévéra, il put donner du travail à ses frères et à quelques autres personnes du village. Il reçut des louanges des autorités de Lhassa, et ce « travailleur modèle » négocia pour avoir plus de microcrédits pour d’autres villageois. Cela leur donna la possibilité de diversifier la production locale. La critique du début a été bien vite oubliée.
Dans une interview, le célèbre peintre de thangkas parla de sa petite enfance. Il naquit en 1960, 4ème d’une famille de 9 enfants. Après 3 sœurs plus âgées, il est le fils aîné d’une famille ordinaire d’agriculteurs dans le district de Lhundrup, à environ 60 km au Nord de Lhassa. Ce fut un enfant né après la date prévue de l’accouchement, c’est pour cela que ses parents l’appelèrent : « Tseten », c’est-à-dire « prudent » et Namgyal pour « victoire ». En tant qu’aîné, il du s’occuper de ses quatre jeunes frères. Lorsqu’il eut 10 ans (1970), il eut la chance d’apprendre à écrire le tibétain dans une petite école de base de l’Etat. Mais rapidement il ne put y rester, il devait mener les troupeaux des autres agriculteurs dans les pâturages afin de subvenir aux besoins de sa famille à faible revenu. Les neuf enfants dormaient ensemble dans une petite chambre et partageaient à deux une peau de vache comme couverture. Les repas n’étaient rien d’autre que de la tsampa (farine d’orge). Une pomme de terre rôtie était un festin. Quand il eut 15 ans (en 75), il devint chauffeur de camion et travailla pour la commune. Il avait un salaire mensuel de 2,3 euros, plus 15 kg de tsampa et ½ kg de beurre de yack. Peu après, le système des communes fût aboli et il perdit son salaire. Sa famille se retrouvait dans une situation assez précaire et ses quatre frères furent envoyés au monastère pour subvenir à leurs besoins. Tseten Namgyal apprit le métier de menuisier et peignit des meubles qu’il fabriquait. Il fut invité chez des gens pour venir y décorer leurs meubles. Petit à petit, il gagna de l’argent. Un jour il a pu donner 60 euros d’un coup à son père, qui n’a pas arrêté de compter les 600 billets toute la soirée. De la plus pauvre du district, la famille devint une des plus en vue en quelques années. À partir des années ‘80, Tseten Namgyal devint l’élève d’un grand maître de peinture de thangkas et il est maintenant un artiste reconnu au Tibet, il a ouvert sa propre école à Lhassa. Les élèves ne paient pas l’école. En dehors des techniques de peinture, ils y apprennent aussi le chinois et l’anglais.
C’était une petite classe de onze jeunes réincarnés à Lhassa. Faire défiler leurs noms serait faire défiler trop de noms tibétains en une fois, mais leur origine peut encore aujourd’hui nous faire imaginer les coutumes tibétaines : le 4ème de cette lignée de monastère, le 6ème de tel autre, le 9ème de, le 12ème de, etc… Successeurs d’abbés ou d’importants lamas, de princes, de régents et d’enseignants des dalaï-lamas. Ce qui est controversé dans cet exemple, c’est que la petite école a démarré en 1963 à l’instigation de Mao Ze Dong. Certains d’entre eux étaient même allés à Beijing et avaient pu donner une poignée de mains à Mao et à Zhou En Lai. Trois ans plus tard, la Révolution Culturelle se répandit en Chine et aussi au Tibet. La petite classe fut dissoute et les jeunes lamas furent envoyés aux corvées. Quelques-uns reçurent des punitions de type « service civil », sous la surveillance d’un comité de quartier. D’autres furent envoyé dans des villages dans le district Shannan au Sud-est de Lhasa, pour y travailler dans les champs. Quelques uns reçurent « l’ordre » d’aller pêcher dans le lac Yamzhog Yumco, ce qui ne correspondait pas forcément à leur statut bouddhiste. Les poissons sont considérés comme des « libérateurs » de l’âme du corps d’un défunt, car à part de confier les morts aux vautours, les rivières aussi faisaient fonction de sépulture. Une autre corvée imposée était de tirer des bateaux à contre-courant dans l’eau glacée de la rivière du Yarlung Tsangpo, jusqu’aux hanches. Mais les agriculteurs locaux les invitaient après pour un thé chaud. A partir de 1974, ils revinrent un à un à Lhassa et reprirent leur position de lamas réincarnés. Ils sont tous devenus de hauts lamas éminents.
Le groupe d’opéra traditionnel tibétain Jomulung de Nechung, célèbre pour l’instant, nous raconte combien c’était dur de survivre à la Révolution Culturelle. Tous les membres étaient enrôlés dans le travail productif aux champs. L’opéra était relégué au temps des loisirs et non rémunéré. Pas facile de réunir tout le monde sans gagner un sou en plus. A peine un demi-yuan par jour entrait dans la caisse du groupe. Pourtant, en 1964, deux membres du groupe ont pu participer encore à une représentation de danses des minorités à Beijing, présidée par Mao. Mais après, l’activité devenait quasi nulle. Il a fallu attendre 2001, pour que le groupe reprenne réellement vie. Un petit subside du Bureau des Affaires Culturelles de Lhassa de 2000 yuan et un sponsoring privé de 10.000 yuan remettait le groupe sur les rails. Pour l’instant, une chaîne de télé régionale les programme régulièrement.
En 1980 a été décidé de ne plus taxer les activités des agriculteurs, des éleveurs et des artisans. Avant, ils étaient redevables de 8% de taxes sur leurs revenus. En 1980, le gouvernement décide de libérer 4 millions d’euros pour la reconstruction et la rénovation des temples ou monastères. Entretemps, ce montant a été augmenté à plusieurs reprises. En 1980, la langue tibétaine a été remise à l’honneur dans l’enseignement de base, ce qui n’était pas le cas pendant la Révolution Culturelle.
Sources : Tibet Handbook (Gyurme Dorje) Magazine ‘China’s Tibet’, 1990-2009 ‘On the Cultural Revolution in Tibet’ (Goldstein) ‘Shelton pioneer in Tibet’ (Wissing) David-Neel, au pays des brigands gentilhommes, Plon pocket. Visites et intervieuws