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Anciens dalaï-lamas peu appréciés

mardi 30 mars 2010, par Jean-Paul Desimpelaere

Certains de ses prédécesseurs ne sont vraiment pas favoris du dalaï-lama actuel. En fait, il n’a que deux favoris, le 5è et le 13è, parce qu’ils étaient assez bien anti-chinois. Beaucoup de ses autres prédécesseurs sont décédés jeunes, voire très jeunes. Il y en a pourtant deux autres qui ont ont vécu un peu plus longtemps, mais qu’il ne porte pas dans son coeur.

Le 8è dalaï-lama, Jampal Gyatso (né en 1758, reconnu en 1762 et décédé en 1804). C’est un des rares dalaï-lamas à ne pas être mort à à l’âge de sa majorité, avec les 5è, 7è et 13è dalaï-lamas. Pourtant il n’est que très peu mentionné par le 14è dalaï-lama, qui ne qualifie que le 5è et le 13è de « grands » dalaï-lamas, en accord avec le « Plan de Chenrezig » (Laird) pour « établir un grand Tibet indépendant ». Pourquoi le 8è dalaï-lama n’est-il pas au goût du 14è ? Le 8è dalaï-lama dut faire face aux invasions Gurkha du Népal. Il fit appel aux armées Qing de l’empire chinois pour les repousser. Cela se passa ainsi et le 8è dalaï-lama mit en place avec les Qing les fameux « 29 règlements » pour l’administration du Tibet, par lesquels la règlementation administrative par l’empire chinois fut consolidée, entre-autres la nécessité de la reconnaissance des réincarnations par Pékin. C’est exactement à cela que le 14è dalaï-lama n’aime pas trop faire allusion.

Le 7è dalaï-lama, Kalsang Gyatso (né en 1708, reconnu en 1720 et décédé en 1757), n’appartient pas non plus aux favoris du dalaï-lama actuel. La raison en est encore une fois simple, le 7è a été intronisé par la même dynastie Qing pour écarter un faux 6è dalaï-lama mis sur le trône par Lajang Khan, un seigneur de guerre mongol local. À cette époque, les Qing ont également repoussé les dzoungares – un peuple de cavaliers turco-mongols de l’ouest de la Chine – hors du Tibet. Pendant cette opération, les Qing avaient logé le vrai 7è dalaï-lama dans le Sichuan occidental, où ils lui ont construit un vrai monastère en 1728, le monastère Garthar Chode (Huiyuan en chinois), à proximité de la ville de Kanding. Comme l’usage le voulait, l’empereur chinois de l’époque (Yongzheng, 1678-1735) fit don d’une tablette portant une calligraphie de sa main. Celle-ci trône toujours sur le temple principal. À ce jour, il y a à peu près 300 moines qui résident au monastère, et encore environ 200 aspirants.

Sources : Gyurme Dorje et HKCTP, janvier 2010.


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