samedi 29 janvier 2011, par Jean-Paul Desimpelaere
Il n’abandonne cependant pas : au début du mois d’août 2008, il a présidé à Dharamsala une session de formation donnée à 300 Coréens, 2000 Tibétains et 1400 touristes. La formation était diffusée en traduction simultanée à la radio en Coréen, Anglais, Japonais et Chinois (site web du dalaï-lama). On dirait que cette institution dispose quand même de moyens financiers considérables, probablement la caisse la plus fournie de tous les groupes d’opposition nationalistes possibles au monde, qui redessinent leur « pays » depuis l’étranger.
La fermeté des intentions du 14è dalaï-lama envers la Corée transparait aussi dans le fait que le 17è karmapa* - exilé du Tibet et placé sous la coupe du 14è dalaï-lama depuis 2000 – reçoit des cours de différentes langues, dont le coréen. On parle du 17è karmapa comme « régent » en exil potentiel après la mort du 14è dalaï-lama. « Ses connaissances linguistiques doivent le préparer pour des tournées internationales », disent les grands lamas tibétains en Inde (Time, 23/11/08). Ceci montre également que les dirigeants tibétains en exil veulent poursuivre la croisade internationale contre la Chine et ne croient pas eux-mêmes à leurs « propositions modérées d’autonomie ».
* Plus haut lama de l’école karma-kagyu du bouddhisme tibétain. Au 17è siècle, ils étaient les rivaux de l’école gelugpa des dalaï-lamas. Il y a deux « 17ès karmapas » en circulation en Inde, l’un est la réincarnation rivale de l’autre, mais le 14è dalaï-lama donne principalement son soutien à celui qui a fui le Tibet ; l’autre a été trouvé en Inde, par d’autres lamas.