dimanche 30 janvier 2011, par Jean-Paul Desimpelaere
La Chine compte 2,7 millions de km de zone désertique et 1,7 millions km de sols « sableux ». Ces derniers sont des sols contenant du sable ou des cailloux parmi la végétation clairsemée. A deux, ces types de sols occupent la moitié de la Chine et forment ainsi une superficie comparable à l’Union Européenne. Nous en avons trop peu conscience lorsque nous regardons les images de la ville moderne aux millions d’habitants qu’est Shanghai. Cette étude a organisé de façon scientifique toutes les données selon cause de désertification ou de semi-désertification : érosion hydrique ou éolienne, gel, salinisation et ainsi de suite et aussi selon le type de désert ou terrain partiellement sablonneux et selon leur localisation. Bien trop de détails pour tous les citer. Quelques grandes lignes valent néanmoins la peine d’être évoquées. Certaines sont déjà connues : les régions asséchées se situent presque toutes dans les provinces à forte présence de minorités ethniques du nord et de l’ouest : Mongolie intérieure, Gansu, Qinghai, Tibet et Xinjiang. 5% seulement se trouvent dans d’autres provinces. Xinjiang et Qinghai combinées constituent 60% de ces régions.

Dans chacune de ces régions le phénomène « d’arrêt et de léger recul » a été constaté. Les meilleurs résultats sont observables en Mongolie intérieure et dans les 5% ‘provinces restantes’. Mais pourtant, si l’on n’y veille pas, en Mongolie intérieure, 0,3 millions de km risquent de s’ensabler. Ce qui signifierait quelques 3% supplémentaires du territoire chinois. De plus, certaines provinces au résultat final positif voient des parties de leur territoire reculer. Ceci est le cas pour le bassin de Tarim dans la province de Xinjiang et pour les prairies du nord-est de Sichuan. La cause principale étant le surpâturage et l’utilisation irrationnelle de l’eau.
Comment se fait-il que l’expansion des déserts s’est arrêtée en Chine ? En fait, la recette est très simple : de l’argent est libéré et des gens mobilisés. Ces gens sont des agriculteurs locaux ou des anciens agriculteurs. Ils sont organisés en groupes de replantations et reçoivent pour le faire des plantes et de l’argent. Cela devient alors leur nouveau job ou un job supplémentaire. C’est aussi accompagné de campagnes de sensibilisation pour la problématique, autrement dit une légère contrainte. Dans tous les cas, un mouvement collectif est mis en œuvre avec les personnes vivant dans ces régions, soutenu par la législation. Il existe ainsi une loi avec les « trois interdits » pour ces régions : « plus de surpâturage, pas de confiscation exagérée des sols pour la construction, pas de récolte de bois ». On honore même des « héros nationaux pour la lutte contre le sable ».
La désertification reste le problème écologique le plus inquiétant pour la Chine. Tous les efforts fournis jusque-là ne sont pas encore une victoire stable. Dans les régions semi désertiques la végétation est faible, l’influence humaine reste nocive et les mesures prises par les responsables nationaux ne rencontrent pas toujours une bonne acceptation à la base. Le gouvernement ne voit alors qu’une solution : récompenser financièrement les personnes pour garder et améliorer l’équilibre écologique. Il est alors très important de savoir qui gère quoi : « qui est responsable pour cette partie du bois, des buissons ou de la prairie ». Cela peut nous sembler étrange, nous nous représentons trop la Chine comme un « mastodonte bureaucratique ». Celui qui apprend à connaître la Chine sait que ceci est tout à fait différent à un niveau local. Et ça ne pourrait être autrement dans un pays si vaste. Une bureaucratie serait incapable de combattre le désert. Il y aurait alors des fonctionnaires locaux qui n’ont pas envie de quitter leur sofa confortable pour aller planter des arbres. Non, maintenant tout le monde est impliqué contractuellement par le gouvernement, la compensation y comprise : « tenez : de l’argent, plantez des arbres dans le désert ».
A côté de cela des moyens sont évidemment libérés pour la recherche scientifique, pour savoir ce qui est le plus approprié à planter.